PAR

DEDE

HISTOIRE DE MON PREMIER SAURER

Salut à vous tous les amis de la route, Je vais vous raconter comment j'ai finalement eu un camion. Depuis tout petit je suis fasciné par les camions, enfant j'ai traversé plusieurs fois l'Afrique

en voiture on devait suivre les camions pour ne pas se perdre, j'adorais et j'étais souvent dans la cabine d'un camion. La vie a fait que je m'occupe devoitures je n'ai pas la place chez moi pour bosser avec des camions (j'en ai juste quelques uns qui trainent dans mon jardin)


Depuis j'ai fondé une famille malgache-suisse, et dans ma belle famille il y a trois camionneurs. De fil en aiguille, après avoir acheté sur place un 913 bien sympa pour aider un tonton, j'ai décidé d'envoyer un Saurer 4X4 car vu l'état des routes de campagne à Madagascar c'est un super outil de travail..


Alors je suis allé à la vente aux enchères de l'armée suisse, a Thoune à 200 km de Genève, et j'ai acheté celui ci pour 2000 chf.

Le gag c'est que je n'avais pas le permis camion, les ancêtres étant avec moi (le camion a le jour d'anniversaire de mon grand-père, qui fut un grand mécanicien du siècle dernier) je croise une connaissance qui me le ramène à Genève avec plaisir.
(J'ai vite fait mon permis, merci à Thierry qui m'a prêté son camion tout neuf!)

On a mis une caisse alu dessus, bien chargée

Deux jours de route jusqu'au Havre, J'ai vite quitté l'autoroute

parce que à 65 kmh...

Voila l'arrivée à Tananarive.

 

Ensuite, après l'avoir abandonné non sans un serrement de coeur dans le port du Havre, je l'ai retrouvé intact au port de Tamatave un mois plus tard.

C'était en 1998, d'ailleurs j'ai dédouané le camion le jour de ses 30 ans, là aussi Grand papa m'a donné un coup de pouce!

Depuis j'ai eu plein d'aventures avec, c'est vraiment un camion bien conçu et agréable à conduire, et il faut reconnaitre que l'armée suisse entretient bien ses véhicules jusqu'au dernier moment!

Voila une photo le jour de l'arrivée à Manakara, au sud-est de Madagascar (j'avais livré la Fiat à Tananarive).

une photo prise depuis le bar du restaurant de ma belle-maman, c'est madame qui ramène le camion à la maison.

Lors d'un bivouac loin au sud.
Le premier boulot, amener du sable pour la construction d'une école.
Voila des photos du passage d'un bac. C'était impressionnant car le fleuve était très large, et les bacheliers (je ne sais pas si c'est le mot juste) poussaient avec des perches. Comme au milieu il y a trop de fond, ils doivent d'abord remonter le courant puis prendre de l'élan pour traverser et reprendre le fond de l'autre côté. Et j'étais chargé de 5 tonnes de café, visez la ligne de flottaison!
Les bacs à Madagascar sont gratuits, mais on peut leur donner quelque chose au passage, de manière à être bien servis à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit!

Petite anecdote: ce jour là j'ai cassé un pont (pas du camion!) Heureusement, comme on ne roule jamais sans un aide-chauffeur, qui marche à reculons dans les passages difficiles pour guider le chauffeur, j'avais les roues juste au dessus des poutres maitresses du pont.

Et on ne part jamais sans 2 poutres de 4 mètres dans le camion, j'ai pu reculer et passer sur mes poutres.

Une vidéo
 
Là on me voit au volant
Ici avec mon épouse
Clin d'oeil, voila comment j'étais quand j'avais 17 ans...
je vous présente les casseurs de cailloux.
 

C'est impressionnant, des familles entières campent sur un rocher et tout le monde casse à la masse, même les enfants, et ils vendent les cailloux à la pièce ou au seau.

 

Ca peut paraître scandaleux de faire casser des cailloux à des enfants, mais ce qui est sur c'est qu'ils vivent plus heureux que ceux qui ont subi l'exode rural et se retrouvent sur les trottoirs de la capitale, ou ils sont toujours plus nombreux et

 

sans moyen de retour, ayant vendu leurs biens pour partir!

 

Pour exemple Tananarive comptait 300000 habitants la première fois que j'y suis allé en 1983 pour 3 à 5 millions , actuellement, personne ne peut compter.

Pour en revenir à nos cailloux, ils sont très contents de nous voir arriver car ils sont au bout d'une montée boueuse que peu de camions arrivent à grimper, et d'année en année on voit grandir leurs enfants et apparaître les nouveaux bébés.

 

Pour ne pas faire de jaloux, on achète un peu à chaque famille.

 

Pour remplir le camion il faut une bonne demi journée, avec des comptes à n'en plus finir, mais on ne discute pas les prix c'est tarifé. Et on leur rend des petits services comme les emmener en ville, acheter des médicaments ou faire leurs commissions.

Vous m'avez déja vu de face, voila une vue arrière...
une autre vidéo :
Bonjour à tous,
Aujourd'hui c'est dimanche, les camions ne travaillent pas on va boire un coup!
Ici c'était notre deuxième restaurant.
En 2000 on a quitté pour construire La Guinguette
Bien mieux placé, et plus joli...
Le bar
La terrasse au bord de l'eau
En 2006, on peut même louer des canoés.
Ou une pirogue...
Donc si vous avez envie de voyager, vous êtes les bienvenus!

PS: notre premier bar, c'était celui de l'aéroport, peu rentable avec 3 avions par semaine, le reste du temps la piste était à nous...

Détail piquant, le train traverse la piste, on a eu quelques frayeurs...
Pour changer, je vous mène en bateau
Pour visiter le Baby
ça c'est en 1990
En 1993...
En 1995...
En 1996

Revenons sur terre, pour ne pas dire dans la terre...

On sait quand on part, mais pas quand on revient..

Ce jour là je devais revenir le soir, je suis rentré 3 jours après!

C'était juste pour aller chercher 2 tonnes et demi de café pour un gars
qui devait absolument descendre sa récolte de chez lui vers le port, il
ne trouvait personne car tous les transporteurs connaissaient sa route
et il pleuvait depuis 2 semaines.

Il n'y avait que 50 km de "nationale" et 15 km à grimper sur la piste...
On est arrivé de nuit chez lui de nuit, après avoir avoir treuillé quelques heures, j'ai même cassé un arbre excusez moi,
j'ai pas fait exprès ...

La route était tellement glissante je pensais à autre chose qu'a faire des photos, ça glissait comme du verglas et par moments il y avait le vide des deux cotés, avec mon aide qui me guidait je ne regardais rien d'autre !!

J'ai été très bien acceuilli le soir chez mon client, repas sympathique et lit avec moustiquaire.

J'ai profité du chargement pour monter les chaines à neige, j'avais quand même un peu peur pour le retour...

Le lendemain, avec les chaines et le treuil on a avancé, la photo c'est à la descente !!!

Et un gué qu'on avait traversé la veille s'est transformé en torrent rugissant.

On a du camper sur place, c'était vraiment sans problèmes on a trouvé
des tomates, des oignons, du poisson et du riz, et même de la bière alors
que la plus proche boutique était à plus de 5 km (ils ont envoyé un gamin
aux commissions). Et on m'a aussi trouvé un lit avec moustiquaire j'ai
très bien dormi .

En arrivant finalement en ville après trois jours, j'ai du calmer mon
épouse qui fachée voulait faire payer les jours au client, ça s'est
bien fini quand j'ai expliqué, et de toutes façons le client ne pouvait
pas payer 3 jours de camoin, il aurait perdu son année !

Le déchargement.

Et après, on doit nettoyer le camion...
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Merci à Dédé pour ce magnifique reportage plein d'exotisme

et de couleurs et avec des images qui font réver.

Yvon59