PAR YVON59

HISTOIRES DE ROUTIERS

Histoires vraies (Transports R.Ollivier)

BARRIERES DE DEGEL.
Une nuit alors que nous revenions d'allemagne à 2 bahûts avec mon pote Pierrot (décédé malheureusement depuis longtemps) nous sommes tombés sur une barriére de dégel. il y avait 8 km à parcourir pour rejoindre une autre route, hors gel, mais il fallait absolument franchir cette sacrée barriére de dégel.

c'était un samedi soir et nous rentrions à vide à la maison.

Il était environ 2h du matin et il y avait évidemment aucune circulation et l'endroit était complétement désert.

la décision à été vite prise "on passe"..........
nous avons parcouru les 8 km sans problémes et en zigzaguant entre les bosses tellement la route était déformée par le gel.

mais à l'autre bout les gendarmes nous attendaient et notre compte était bon, sans perdre notre sang froid nous avons déclaré que nous n'avions pas vu les panneaux car il y en avait pas (autrement on les aurait vus pardi)

le chef dit a un gendarme :
" allez voir si les ponts et chaussées ont bien mis les panneaux et si les panneaux y sont bien là " vous allez voir que vous n'allez pas vous foutre de ma gueule longtemps"

Environ un quart d'heure plus tard le gendarme reviens et dit "ben non chef il y a pas de panneaux" à regrets les gendarmes on du nous laisser partir sans nous avoir d'abord dit que nous aurions du deviner qu'il ne fallait pas passer.

Nous sommes remontés dans nos camions sans demander notre reste et nous sommes repartis tout en prenant soin de laisser les gendarmes nous doubler le plus vite possible.

car quelques km plus loin nous nous sommes arrétés sur un parking désert pour " décharger" les panneaux de la barriére de dégel qui se trouvaient dans les semi-remorques....!!!!

Des essuies glaces trés spéciaux...

Ceux qui me connaissent savent que j'aime blaguer un peu et quand j'étais sur la route j'avais mon copain Pierrot ,décédé à l'age de 45 ans,qui aimait rigoler encore plus que moi.
aussi je vais pas vous raconter toutes les parties de plaisirs et les blagues que nous avons pu faire.
mais je me souviens d'une petite blague que j'avais fait à un jeune collègue de ma boite. (j' espére qu'il ne se reconnaitra pas) ?
Chez les transports Ollivier nous avions principalement des saviem jm 200, je vous dit pas les problèmes pour monter le mont Cenis avec 35t et 38t ensuite....dans les années 70 les 6 chauffeurs, dont moi, qui faisaient l'inter nous avons eu le privilège de toucher des scania super 110 tout neuf.
Moi j'ai eu le troisième (n° T88) et inutile de vous dire que j'étais fier comme Artaban.
Lors de mon premier voyage avec mon camion tout neuf,alors que je revenais d'Allemagne,je devais dédouaner à Garonor et en arrivant sur le parking de la douane je vois un camion de chez nous qui s'arréte et le chauffeur se précipite vers moi alors que j'étais assis dans ma cabine en train de mettre mes papiers à jour.
il s'agissait de Bernard,un jeune chauffeur,qui faisait du national et qui venez me voir pour regarder de plus prés mon beau scania....... ( et de plus c'était un bon copain)
voici le dialogue....
Bernard : alors Yvon t'es content de ton camion....
moi :tu parles une merveille....
( en venant s'asseoir sur le siége passager) il me dit
l : putain la couchette....sacré pare brise panoramique....( je rappelle que les saviem avaient des pare brise
coupé en deux) puis il reprend : putain 3 essuies glaces.....
alors moi que je ne savait pas rester un quart d'heure sans faire une blague je démarre........
et encore tu n'as pas tout vu car sur les essuies glaces il y a trois vitesses ....regarde
et a ce moment là je lui mets les trois vitesses d'essuie glace et à chaque changement de vitesse j'appuie sur la pédale d'embrayage,ce qui provoque a chaque fois un bruit d'échappement d'air comprimé ...
Bernard : à ben merde alors il faut débrayer pour changer les vitesses sur les essuie glace.......!
moi: tu parles la dessus tout est assisté.........!
la visite du tracteur continu normalement et ensuite Bernard reprend sa route vers Béthune,car il rentrait à la boutique.
Comme à cette époque le dédouanement prenait un certain temps je vidais que le lendemain matin sur paris et quand je suis arrivé chez mon client il y avait un message écrit,du routeur de Béthune, qui m'attentais..
voici le texte....
<<arrête de raconter des conneries car hier soir nous avons passé une heure à expliquer à Bernard qu'il ne fallait pas débrayer pour changer les vitesses d'essuies glaces sur les scania,et comme il ne jure que par toi,il à fallut que le chef de garage lui montre lui même comment changer les vitesses des essuies glaces !!!
sacré Bernard....j'en ai été quitte à lui payer un pot après tout ça ...

La vie de routier à mes débuts :
Ce n'est pas vraiment une histoire que je vais raconter mais tout simplement quelques anecdotes qui ont marquées ma carriére.

au tout début quand j'ai commencé l'inter ,dans les années 60,je me souviens de mon premier voyage,mon patron m'avait fait un chargement dans le nord pour l'allemagne de l'est,ce n'etait pas encore l'europe et l'allemagne était encore coupée en deux.

les bureaux de fret ,n'existait pas encore ou était si peu nombreux,que nous ne nous les utilision pas ,d'ailleurs le fret se trouvait beaucoup plus facilement dans les relais routier,il suffisait de s'arréter dans un relais et de dire au patron que je vidais dans la région et que je désirais trouver un chargement dans le coin et le patron du relais se retounais vers la grande glace derriére lui et consultait les petits papiers collés sur cette glace, parfois il te demandait ou tu voulais aller (région ou même le pays) et ensuite te présentait une fiche avec l'adresse d'une usine qui avait

20 ou 22 T de fret à expédier vers une destination soit en france soit à l'étranger, il y avait aussi la nature du chargement et le prix offert par le client pour ce transport.

Si on était preneur le patron du relais appelais le client et te passais le téléphone pour discuter du délais de livraison et compte tenu des exigences du client on pouvait parfois négocier le prix.

Pour ce qui me concernais je n'étais pas obligé de demander l'accord de mon boss ( sauf si il en était nécessaire) pour prendre un chargement et je décidais également de la destination, mais il y avait des comptes à rendre en rentrant au bout de trois ou quatres semaines et si je voulais rentrer à la maison c'était à moi de me débrouiller pour trouver un fret qui paye bien pour remonter sur le nord.
Il n'y avait pas de probléme pour faire l'entretien du camion ,car si le moment était venu de le faire je téléphonais au routeur et il me trouvait un transporteur dans la région pour faire l'entretien chez eux...j'ai souvent fait cela chez Onatra dans leurs différents dépots.

Mais pour recharger à l'étranger c'était une autre paire de manches, et à mes débuts je me souviens que je m'arrétais pour manger dans un relais et je devais demander aux anciens de me refiler une adresse pour téléphoner,en Allemagne par exemple,à une firme pour leurs proposer mes services et souvent il fallait dire que tu téléphonais de la part de telle ou telle personne.....car chaque chauffeur avait un grand cahier avec tout ses adresses perso de clients éventuels ou il pouvait recharger et c'est comme ça que moi aussi je me suis constitué mon propre carnet d'adresses et à mon tour je me suis mis à dépanner les plus jeunes.

Comme vous pouvez le voir le métier de chauffeur routier à bien changé,mais je ne sais pas toujours si c'est en bien,c'est sur qu'il fallait s'impliquer à fond et que la vie de famille n'existait pas ,mais nous étions concernés par la gestion de l'entreprise et on pouvait donner son point de vue (toutes proportions gardées bien sur) mais nous n'étions pas que des numéros, si un chauffeur était malade le camion resté sur le parking.....enfin nous n'étions jamais longtemps malade car le chef des chauffeurs ou le chef de garage était de suite à la porte de la maison pour voir si on allait mieux....!!!

Allemagne de l'Est.....les vopos...!!!
Lors de mon premier voyage en Allemagne de l'est, alors que je revenais de Leipzig,arrivé au poste frontière (à Marienborne si mes souvenirs sont exacts) il y avait une file de camion devant moi qui attentait pour la douane j'ai fais comme tout le monde,c'est à dire : attendre. lorsque petit à petit je me suis rapproché du poste de douane je suis aller à pied, avec mes papiers pour faire mettre les cachets indispensables pour continuer ma route , un garde frontière m'a demander de lui présenter mes papiers et après les avoir consulter il est entrer dans une colère terrible et s'est mis à m'insulter (en allemand et je n'y comprenais rien)et de suite il m'a braqué sa mitraillette sur le ventre en me faisant comprendre que je devais foutre le camp de là. D'autres routiers,un belge et un hollandais, m'on dit que j'aurai du, en arrivant aller faire mettre un cachet sur mes papiers pour avoir un numéro. je n'avais pas de formalités particulières a faire à la frontière car j'avais été mis sous douane a l'usine à leipzig. cela à duré 2 jours et à chaque fois que je m'approchais des bureaux il y en avais un qui sortait et me menacer de sa mitraillette c'est finalement un routier allemand (de l'ouest) qui roulais pour le même patron que moi (transports Ollivier 62) qui a été parlementer pour moi et finalement j'ai pu reprendre la route........!!

J'ai jamais pu le remercier car , je l'ai jamais revu...

Le petit garçon et ...
Un jour j'ai eu à livrer 2 palettes dans une petite entreprise dans le centre de la france du cote de chateauroux, l'entreprise, était tenue par un couple agé d'environ 30/35 ans et trés sympa de surcroit. Je reculais la semi-remorque dans la cour et pendant que l'un des 2 employés était occupé de décharger les palettes avec un chariot élévateur le couple était en train de me parler de la pluie et du beau temps. C'est alors que je remarquais, de l'autre coté de la cour, à la porte de l'habitation,un petit garçon agé environ d'une dizaine d'années, et il ne quittais pas des yeux mon nouveau scania tout neuf, mais il était assis dans un fauteuil roulant.
Sa mère s'aperçue que je regardais dans la direction de son fils et me dit : il est en admiration devant votre camion et elle m'expliqua qu'il rêvait d'être chauffeur poids lourds mais que suite à une saloperie de maladie il ne marcherai plus jamais! Je ne savais plus quoi dire, j'étais gêné, alors que le gamin ne me quittait pas des yeux,moi et mon camion. alors je décidais de rompre le silence et me retournant vers les parents je leurs dit:vous permettez que je lui fasse un petit cadeau à ma façon ! La mère me répondit spontanément : si cela a un rapport avec le camion il va être fou de joie.
Alors je me suis dirigé vers le gamin et le pris dans mes bras et le conduit dans la cabine du camion,je lui fit voir ou se trouvait le klaxon et je refermais la porte du bahut le laissant seul. je rejoignit ses parents et je vis que la maman pleurait et que le père détournait son regard tandis que le petit garçon criai : papa,maman! regardez je suis dans un gros camion.
un quart d'heure plus tard je repris la route et comme je remontais sur Lille avec le reste du chargement j'ai rouler sans arrêt, j'avais ce jour là de l'énergie à revendre. C'est bête à dire mais ce jour la j'étais fier de moi, j'avais fais quelque chose de bien, j'étais "fier de faire ce métier "
Comment planter son cirque (camion) au milieu du marché...
Une nuit alors que je roulais déjà depuis plusieurs heures et que je me trouvais dans l'est de la France, j'ai eu un sérieux coup de barre, il faut dire que la nuit précédente je n'avais pas dormi non plus (c'était la règle : tant qu'il y avait des kilomètres devant toi, il fallait rouler, il n'y avait personne pour nous arrêter). piquant du nez de plus en plus je me suis dit : le prochain parking c'est pour moi,ras le bol.....! quelque kilomètres plus loin j'apercu dans la lueur de mes phares une église avec une petite place en terre battue, impeccable je vais dormir quelques heures.

J'ai tellement bien dormi que je me suis réveillé vers 8 heure du matin. Mais alors que j'ouvrai difficilement les yeux j'ai entendu des voix, comme le bruit d'une foule, autour du camion. Je sorti rapidement de la couchette et là stupeur je me trouvai au beau milieu d'un marché.
Les enfoirés (désolé) se moquaient gentiment de moi et alors que je descendais du camion pour les engueuler de ne pas m'avoir réveiller, un commerçant et venu avec son thermos m'apporter du café (sympa quand même) alors que je leurs demander pourquoi il ne m'avait pas réveiller ils m'ont répondu " tu dormais si fort , alors on à supposé que tu étais fatigué, alors on s'est serré un peu et on à construit notre marché tout autour de ton camion. j'ai replongé vite fait dans la couchette et à 14 heures quand ils sont partis, là alors ils m'ont réveillé.......! Je vous raconte pas la joie de mon boss.

Mt Cenis : les copains d'abord.
Cela se passe dans le mont Cenis,c'était l'hiver, il gelait beaucoup et j'attaquait la montée du MT CENIS coté français,c'était vers 16h et bien sur j'étais avec mon vieux saviem chargé à 38 t. alors que j'avais parcouru la moitié de la montée j'ai fini par rattraper un mille pattes Italien chargé avec des arbres,j'étais en 1ere petite et je le rattrapais inexorablement.....j'étais arrivé a environ 3 mètres du cul de sa semi et j'ai levé légèrement le pied de l'accélérateur et CRAC........un demi arbre de roue de cassé. c'était le début du cauchemar:
je serrais les freins du camion à mort car en pleine cote il ne demandais qu'une chose c'est de repartir en marche arrière. je laissai tourner le moteur pour fournir de l'air en permanence pour les freins,car des fuites il y en avait,et je mis des pierres sous les roues du tracteur et de la semi. personne ne pouvait m'aider car pour ceux qui montaient il n'était pas question de s'arréter sous peine de ne plus pouvoir repartir et les gars qui descendais ne pouvais pas s'arréter trop longtemps car cela faisais immédiatement un merdier pas croyable. j'ai demandé a un gars qui descendais de prévenir la gendarmerie en bas pour faire quelque chose pour signaler,pour la nuit, le camion bloqué car le brouillard commencé à tomber et je savais déjà que cette nuit là ne serait pas une partie de plaisir. les gendarmes sont monté voir avec les ponts et chaussée et ceux-ci sont redescendu pour chercher des panneaux de signalisation pour entouré le camion. je suis monté en haut au seul relais qu'il y avait au sommet du col et j'ai téléphoné a mon chef de garage,une heure après il me rappelle et me dit :trop tard pour faire quoique ce soit aujourd'hui tu te démerde pour cette nuit. j'ai demandé au patron du relais de me faire un bon casse-croûte et avec un chauffeur qui descendais j'ai pu rejoindre mon camion,car pas question de le laisser là tout seul car il fallait de temps en temps regonfler les bouteilles d'air pour éviter qu'il ne se barre en marche arrière et en plus de temps en temps il fallait remettre des pierres sous les roues car avec le poids du chargement et la poussée de la descente les pneus s'aplatissait et finissait par monter sur les pierres,ce fut ma première nuit ,j'avais froid,pas de chauffage et j'étais mieux dehors que dans le bahut ou il faisait encore plus froid.
le lendemain mon chef de garage me fit savoir que saviem à Grenoble n'avait pas la pièce de disponible pour ce modèle là et qu'il fallait la faire venir de paris avec 3 ou 4 jours de délais....et de plus les mécanos ne viendraient changer le demi arbre de roue que lorsque le camion serait sur le plat en haut du col,pas question de prendre des risques en changeant un demi arbre dans le col. le chef de garage ajouta :de plus pas question de faire venir une dépanneuse dans le col "TROP CHÈRE" alors démerde toi pour te faire monter en haut....!!!merde, putain, saloperie de vie ce fut les seul mot que j'ai trouvé pour lui répondre.
la 2éme journée se passa comme la première,je suis rester en permanence au garde à vous auprès de mon pauvre saviem,comme-ci je ne voulais pas le laisser mourir tout seul......a regonfler les bouteilles et accumules les pierres en dessous des roues. de temps en temps quand un routier qui descendais s'arrêtais pour voir je lui demandais d'arrêter quelques bahuts qui s'apprêtais a monter le col pour leurs demander de regarder à la douane a Turin si il ne voyait pas un gars de chez nous pour lui demander d'arranger quelque chose pour me sortir de ce merdier.
deux fois par jour j'attrapais au vol un camion qui montait pour aller chercher des casses croûtes au relais en haut ou parfois c'était un routier qui me descendais ma bouffe.il continuais de geler et j'avais de plus en plus froid car je n'étais pas lavé depuis le début et comme je ne pouvais pas dormir j'étais complètement lessivé.
j'ai passé une troisième journée dans les mêmes conditions.......!!!!je commençais a être regardé comme un zombie par les curieux qui montaient en voiture pour voir le spectacle....car avec ce que j'avais roulé avant mon pépin cela devais faire environ 5 jours que je n'avais pas dormi sans me laver ni me raser.
j'ai passé une 3éme journée dans les mêmes conditions.........horrible et je ne savais toujours pas comment cela aller se terminer......?
au matin du 4éme jour,vers 11h alors que je parlais avec les gendarmes et les gars des ponts et chaussées et avec quelques curieux,soudain j'entendis un concert de klaxons qui venait du haut du col......avec les lacets de la route j'entendis d'abord le son ,mais je ne voyais rien.....puis tout d'un coup j'aperçu une dizaine de tracteurs en solo qui dévalaient le col tous feux allumés et toujours en klaxonnant.....merde c'était la cavalerie !!!! arrivé à ma hauteur,je m'aperçu qu'il y avait à leur tête géromé un grand costaud de chez nous avec son tout nouveau scania, ils s'arrêtaient un moment,avant de descendre le col entièrement pour revenir se mettre dans le bon sens et ils me criaient: tant fais pas Yvon ,c'est fini on est là,on vas te sortir de là mon gars,un vieux routier me dit:tu vas pouvoir te reposer mon gars on s'occupe de tout,un autre me dit :putain quel métier de merde mais t'es pas seul collègue.... cela va peut être en faire sourire quelques uns ,mais à ce moment là je me suis caché la figure avec l'avant bras et tout en m'appuyant sur la porte de mon saviem j'ai chialé comme un gamin,j'étais vidé mais pour rien au monde je n'aurais donné ma place....c'est un sentiment inexplicable.
en effet ce bon vieux géromé qui mettait sous douane a Turin avant de quitter l'italie avait appris par des gars qui m'avait vu dans le col et qui avaient appris par le patron du relais tous mes problèmes,avait été trouver des autres gars et les avait décider à décrocher pour venir me chercher dans le col,il y avait avec géromé un onatra,un savoyard,un breton ,un autre ch'ti et quelques autres ,en tout dix tracteurs..... après avoir regonflé une dernière fois mes bouteilles et malgré les dix tracteurs le convoi as eu bien du mal a s'arracher du col ,car les tracteurs en solo patinaient......il fallait voir ce véritable convoi 11 tracteurs plus une semi avec a l'avant les voitures des gendarmes et des ponts et chaussées,le col a du être fermé car pas question de croiser un autre camion dans ces conditions....le premier tracteur était carrément à droite,dans les virages, et moi je roulais carrément à gauche.........!!!!je ne pensais déjà plus à la fatigue. arrivé en haut je téléphonais de suite chez saviem qui dans l'entre temps avait reçu la pièce et ils sont venu
immédiatement changer le demi arbre,non sans peine car il gelait tellement qu'il a fallut faire un feu de bois pour réchauffer l'huile avant de l'envoyer dans le pont.
j'avais reçu comme instruction du chef de garage de payer a souper a tous les gars et même les mécanos ont mangé avec nous et nous après on à fais la foire....ha ha enfin eux car moi je me suis endormi sur la table et j'ai rien entendu.
LA SOLIDARITÉ......... C'ETAIT CA.
Noël en Allemagne.

Je me souviens d'un noël passé en allemagne,dans une petite ville ou je chargeais de temps en temps et cette fois là j'étais bloqué ,seul sur un parking d'un petit restaurant ou j'avais l'habitude de manger
mais pour le réveillon le restaurant était fermé ce soir là car il était réservé pour les gens qui faisaient le réveillon. il neigeait et j'était assis au volant de mon saviem m'appréttant à casser la croute avec mes provisions perso...
la féte battait son plein dans le restaurant ,tout d'un coup j'ai vu sortir une quinzaine de personnes qui chantaient et se dirigaient vers mon camion isolé sur le parking.....je me suis dis :bon je crois que je vais avoir des ennuis car ces joyeux fétards avaient l'air d'étre un peu éméchés.......
mais au fait et à mesure que ces gens se raprochaient j'ai reconnu la patronne du restaurant qui tenait quelque chose dans ses mains recouvert d'un linge et arrivée prés de moi ils m'ont offert un gros plat chaud de victuailles ,de la biére, du vin et un grand morceau de gateau et ils criaient tous "joyeux noël" et m'ont tous soit embrassé ou serré la main.
je l'ai ai tous remercier avec des larmes aux yeux et à ce moment là j'ai beaucoup pensé à ma femme et à mes enfants et j'étais vraiment ému et je devais faire des efforts pour ne pas fondre en larmes.....

voila c'est ça aussi la vie d'un routier et c'est ça aussi l'esprit de noël

Un strip tease......dans le camion.
comme vous pouvez le voir il fait trés froid actuellement et cela me rappelle que lorsque je roulais encore et que je faisais souvent les deux allemagnes (de l'époque) j'ai souvent passé des nuits et aussi des week-end entier bloqué dans cette région,car en ce temps là ce n'était pas un probléme pour le boss de nous bloquer sur la route au moins 4 week-end en suivant......

donc en lisant la presse et les infos de la télé on peut voir qu'en ce moment il fait trés froid dans les pays de l'est....brrrr.et je me souviens des longues journées et des longues nuits passés sur un parking en allemagne sous la neige ,le gel et le verglas et sans chauffage car quand le moteur était arrété ....plus de chauffage et les cabines comme celle de mon saviem était plutot "l'hotel des courant-air" pas de capitonnage a l'intérieur ,rien que du froid,parfois il gelait tellement que le matin ,au réveil,il y avait des congéres au plafond de la cabine,probablement du à la transpiration de mon corps.

le seul confort c'était un auto- radio et encore on ne pouvait pas y mettre de cassette audio,nous n'avions pas de réchaud non plus ,pas de frigo donc si on n'avait pas eu la chance de pouvoir s'arréter auprés d'un resto ,c'était le régime casse-croute tout le week-end.

les premiers temps dans ce cas là au début je dormais tout habillé...mais au réveil c'était plus une cabine de camion,mais un vrai frigo....mais en ce temps là moi j'étais jeune et inexpérienté ,mais un jour dans un relais routier ,alors que je mangeais avec un ancien routier prés de la retraite,la conversation est venu sur les conditions pour dormir par temps trés froid et j'expliquais au routier comment je faisais pour dormir et il me conseilla de me faire un sac à viande ,comme à l'armée,et de dormir dans la tenue d'adam avec un bon duvet et une grosse couverture et tu verra qu'il m'a dit "tu auras aussi chaud que dans ton lit à la maison et de plus au matin tu pourras enfiler tes vétements pour lutter contre le froid au réveil"
à mon retour chez moi ma femme me confectionna un sac à viande ,car c'est plus pratique que des draps,car l'air ne peut pas passer et par la suite j'ai méme dormi dans le camion par -25 et je n'ai plus jamais eu froid (méme tout nu) et depuis ce temps là méme chez moi je je dors dans les mémes conditions et jamais je n'ai froid....bien sur je n'utilise plus le sac à viande,mais j'ai ma femme à coté de moi ...et croyais que j'apprécie aussi.....ha ha

Les douaniers et les échantillons
Je sais pas pourquoi mais les douaniers à la douane prenaient toujours des échantillons..... pourquoi faire...!!!

Par contre c'est bien vrai cette histoire "d'échantillons" et à certaines douanes dés que tu rentrais dans le bureau on te disais tout de suite "t'as tes échantillons"....
alors moi une fois et en pleine été alors que je transportais du noir de fumée en sacs sur palettes (si si c'est vrai) j'en avais tellement marre de devoir donner des échantillons ,que j'ai craqué un sac et j'ai remplis une grosse boite de conserve et je suis allé déposé ça sur le bureau avec mes papiers....!!! c'est quoi ton truc là ....du noir de fumée pardi,c'est un échantillon...
jamais demandé un échantillon de cette saloperie....et qu'est ce qu'on fait avec ça...
c'est pour noircir les pneus...chef ,car le cahoutchout n'est pas vraiment noir d'origine...!!
(je rappelle qu'il faisait chaud et que toutes les fenétres étaient ouvertes..donc courant d'air)

qu'est ce que tu veux que je foute avec çà....moi.

j'sais pas mais comme vous demandez toujours des échantillons,j'ai pris les devants et je vous l'apporte de suite pour éviter de retouner au bahut au fond du parking... à ce moment là y rentre un 3éme douanier et il se fout à rire a en étre plié en deux :
putain les mecs vous travaillez à la mine de charbon,maintenant...pourquoi...!!

et le douanier se passe la main sur la figure....hi hi

le dernier entré se mets à rire de plus belle en se cachant la figure avec les mains

et celui qui était assis se met à rire aussi...et tu t'es pas regardé ...t'as la figure toute noire...

bon vous avez tous compris ,le noir de fumée et tellement volatile que le simple fait d'en déposer une grosse boite ouverte dans une piéce exposée aux courants d'air que cela suffit pour en faire voler partout.

je me suis pris un cigare....hi hi...maison ....!!

Je suis sorti vite fait avec mes papiers tamponnés et "ma boite de conserves" et en maugréant....putain....pour une fois que je veut rendre services...je suis servi !!! derriére moi j'entendais un douanier dire " sont cons ces routiers pour pas savoir que du noir de fumée c'est volatile" ....

ce jour là j'étais devenu un héros sur le parking et mes petits camarades me donnaient des tapes amicales dans le dos..

j'ai jamais compris pourquoi d'ailleurs... !!!

le relais trés sympa.
Je me souviens que lorsque je roulais encore,dans les années 70 , j'ai connu un relais routier,je vais pas dire ou,car je ne me souviens plus de l'endroit,dommage car pourtant je vois toujours le parking,la porte d'entrée et la petite salle du restaurant,mais plus moyen de le situer..... c'est béte quand méme.

Enfin c'était quelque part en France ....qu'on va dire.

Ce relais routier se trouvait à 2 ou 3 km d'une assez importante cartonnerie et il y avait beaucoup de camions qui chargeaient à cet endroit et l'usine chargeait les bahuts méme la nuit.

Donc pour les derniers chauffeurs qui arrivaient tard le soir il fallait donner la priorité au chargement et aprés le chauffeur pouvait aller manger au relais routiers.
Mais comme ce relais était tenu uniquement par un couple assez jeune ,le boulot ne manquer pas et comme il y avait toujours des chauffeurs qui arrivaient pour manger les propriétaires du resto,finissaient par aller se coucher et mettaient la clé dans un pot de fleurs,prés de la porte du resto nous on arrivaient à 1 heure du matin par exemple pour manger ,on prenaient la clé pour entrer et on refermer derriére nous,on allumer une petite loupiote pour ne pas tout allumer et on se servait dans le frigo qui était toujours bien garni,on mangeait des casses croutes au jambon,saucisson,du fromage ,on se servait à boire,biére ,vin,café,si il n'y avait plus de café ,on en faisait nous méme et à la fin on range
r tout et dans une assiette posée sur le comptoir on mettait l'argent de notre repas....à coté de l'assiette il y avait un tarif et chacun faisait son petit compte...!!! et payer son repas.
rester plus qu'a éteindre la lumiére et de refermer la porte avant de reprendre la route.

je sais qu'en ce temps là il y en avait d'autres relais qui faisait ça,mais méme à cette époque c'était quand méme rare.
A ma connaissance il n'y a jamais eu de problémes ,mais c'est vrai qu'il fallait étre connu ,ou accompagné par quelqu'un qui connaissait,pour pouvoir étre mis dans la combine.

sympa....la vie de routier à l'époque du moins de ce coté là ....!!!

J'écrit ici ce commentaire à chaud , tant pis si on me trouve marrant ou sentimentaliste , de toute façon il y a longtemps que l'on sait que le ridicule ne tue pas...!!!

Vous savez qu'en ce moment que je suis en train d'exporter mes disques vynil sur des CD pour les sauvegarder et pour nous permettre de les réécouter de nouveau et comme notre nouvelle chaine HI FI ne comporte plus de platine.....ceci est donc une solution pour sauver certains dique vynil qui parfois sont des chefs D'oeuvres.

Mais ce n'est pas de ça que je veut vous parler , mais ce matin j'avais mis sur la platine un " vynil" de Nana Mouskouri, je ne suis pas principalement fan de cette nana là !!! hi hi mais par contre elle a a son répertoire quelques chansons qui me font toujours ......frémir , méme à mon âge et pourquoi pas aprés tout.

Le titre de la chanson en question est " JE REVIENS CHEZ NOUS " ben oui j'ai toujours aimé cette chanson, car elle m'a souvent accompagnée sur la route et assez souvent dans des moments difficiles, voir critiques.

Cette histoire se passe en Allemagne la veille de Noël et il neigeait abondamment et je me trouvai dans la région de karlshure j'avais chargé dans une usine avec quelques autres français et nous nous apprétions à nous relancer sur les routes enneigées pour vite rentrer chez nous pour féter Noel en famille.

Le seul probléme pour moi c'est que les essuies glaces de mon Saviem JM200 étaient en panne , pas de fusibles grillés, pas de fils de débranchés ou coupés....la tuile quoi

Je suis resté là sur le parking car les autre Français , malgrés leur bonne volonté , ne pouvait rien faire pour moi, sauf un qui lui ne rentrait pas à la maison de toute façon.

On a tout essayé , rien à faire et pas la peine de compter sur le bureau de la boite en Allemagne , le responsable et seul employé de ce bureau était déja parti en week-end de Noël...

c'est alors que je me suis rappelé que étant trés jeune que mon pére roulait avec un Somua ( si mes souvenirs sont exactes ) et ce camion n'avait pas de moteur aux essuies glaces....il avait au dessus du pare brise à l'intérieur de la cabine, une grosse molette qui lui permettait de faire fonctionner ses essuie glaces...

Donc je me suis dit que si mon " vieux" arrivait à rouler sans moteur d'essuie glaces , que je devais probablement pouvoir en faire autant .

j'ai trouvé derriére le siége conducteur , de la fine corde et j'ai attaché avec les deux essuie glaces pour amener la corde dans la cabine et la faire resortir par l'autre carreau de la portiére de gauche et bien assis sur mon siége je me suis entrainé a faire fonctionner ces essuie glaces en donnant des mouvements de va et vient à la corde. !!!

ca marchait pas trop mal , mais malgrés tout avec la neige sa bourrait un peu et le collégue français qui était revenu de prendre sa douche , s'est foutu de ma gueule (gentiment) en me disant que si je comptai sur ce bidouillage pour passer Noël à la maison que c'était pas gagner ...!!! ben c'est vrai il avait pas tord finalement !!

Mais mon envie " d"affronter" le risque étant plus forte , j'ai attrapé une cassette audio ( de Nana Mouskouri) c'était une cassette que j'avais fait moi méme avec toutes les chansons que je préférais et la premiére chanson était " je reviens chez nous".....cette chanson m'a toujours calvanisé et les premiers mots de cette chanson étant " il a neigé à port au prince , il a neigé un peu partout" ........j'ai écouté cette chanson jusqu' au bout , assis au volant et le moteur qui tounait et à la fin de la chanson j'ai dis au collégue " désolé mais je passrai pas Ce Noël là ici , j'ai remis la chanson, j'ai augmenter le son , fort ,trés fort , j'ai enclenché la premiére et je suis parti....

J'avais mis le chauffage à fond pour tout envoyer vers le pare brise ( pour faire fondre la neige ) et j'ai réussi à rentrer comme ça , et parfois quand j'avais trop froid je remettai la chanson et vous n'allez peut étre pas le croire , mais tout d'un coup j'avais moins froid.

Bien sur par moment je roulai au radar , finalement la neige s'est arrétée de tomber j'ai roulé un peu plus cool !!!

Vous allez pas me croire , quand je suis rentré à la maison ma femme me dit " c'est à cette heure là que tu rentres ".....j'ai rien répondu et je suis monté me coucher et c'est seulement le lendemain en préparant le réveillon que j'ai raconté mon histoire.

Maintenant à chaque fois que j'entends cette chanson chantée par Mord Shumann ou par Nana Mouskouri je peut pas m'empécher de ................chialer tout seul dans mon coin, car au moins là et en ce temps là on se fendaient vraiment la pipe de toutes les façons , y compris avec celle qui consite à ce faire peur.

Certains vont peut étre trouver mon histoire ......anodine et plutot marrante, mais je peut vous affirmer une chose c'est qu'en écrivant ce texte je suis obligé de sécher mon clavier de temps en temps.

FIN
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