PAR

MARIO

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Mes histoires de Routier.

Ca fait très longtemps que je veux vous raconter des histoires qui me sont arrivé personnellement ou d'autres que j'ai récoltée tout au long de ma vie... Je n'ai jamais le temps pour ça, alors je vais me lancer ce soir pour la première... D'autres suivront, mais je ne sais pas quand !!!
Cette histoire est arrivée à mon père et je commence par celle là en hommage à notre ami Jacky...

A la fin des années 1960 mon père roulait avec un Berliet GCK de 150 cv.SAE en camion-remorque. Il était à son compte.
C'était la veille de Noël, le temps était clément et mon père revenait du nord de l'Europe avec un chargement de chaudière pour la Suisse. Il était pressé de rentrer pour passer Noël en famille.

Arrivé à Lunéville, il s'arrête le soir pour manger au célèbre routier qu'il y avait dans ce patelin en ce temps avant d'attaquer le col du Bonhomme. (De nos jours, il est interdit de transiter par le col en P.L, Lunéville n'en parlons même pas et le routier à disparu... La misère quoi...)

Mon père était tranquillement entrain de se restaurer lorsqu'un routier entre dans le relais en disant "Vingt dieux, vous avez vu ce qu'il tombe ?"
Mon père regarde par la fenêtre et voit qu'il s'est mis à neiger des flocons gros comme des oeufs.

Sans même finir son repas, il paye et saute dans le Berliet pour franchir le col avant que la route ne soit plus praticable. Il commença à gravir le col avec son Berliet qui en côte n'avançait pas à plus de 10 Km/h. Plus le temps passait et plus il y avait de neige sur la route, mais le Berliet "crochait" bien.
Il faut que je précise que mon père était un "vrac" et qu'il était toujours "limite" avec son matériel... Et donc, évidemment, pas de chaines !!!

Bref, les Km se succèdent, il n'y avait pas âme qui vive sur la route et enfin voilà le sommet. Il voyait à travers la neige les deux restaurants du sommet et pensait "c'est bon, je suis passé"...

Eh bien non... A ce moment, le camion commence à patiner. De plus en plus, et pour finir, à 200 mètre du sommet, il s'arrête et refuse d'avancer.

Mon père alors se dit qu'il n'avait pas d'autre solution que de passer la nuit sur place... Il tire le frein à main et lâche le frein à pied. A ce moment, le camion commence à glisser en arrière. Mon père remet la 1ère et essaye de sauver son ensemble qui partait direction le ravin... Impossible ! Même en 1ère le camion reculait toujours et la remorque se mettait "en portefeuille" poussant l'arrière du camion hors de la route.

Mon père à ce moment ouvrit la porte du camion et quand il senti la roue arrière s'enfoncer dans le vide se jeta hors de la cabine... Le camion s'immobilisa d'un coup. En fait, la roue arrière avait juste glissé dans le petit fossé qui longe la route et s'est calé là dedans.

Mon père remonte dans sa cabine et installe son chauffage à gaz dont il avait coutume d'utiliser (Le genre que l'on trouvait pour le camping.) et il se jeta dans la couchette pensant qu'en fin de compte, s'il avait pu passer le col, il aurait certainement glissé dans un virage et tout mis "au tas"... Enfin de compte, il avait eu de la chance.
Mais je vous l'ai dit, mon père était vrac... Et à 2 heure du mat' plus de gaz dans le chauffage...!!!

Du coup, il se réveilla complètement congelé. Toujours à cause de son "je m'en foutisme", évidemment, il n'avait pas trop de couverture, ni d'habits chauds, etc. Il avait juste un grosse veste avec lui avec laquelle il s'est couvert... Celà n'a pas suffit... Mon père a passé une nuit effroyable dans sa cabine par je ne sais combien de degré en dessous de zéro. Il pensait qu'à 6 heure du mat' les "ponts et chaussées" viendraient le tirer de cette situation.

Les ponts et chaussées sont en fin de compte arrivé à 9 h. Le temps de monter du bas du col, forcément, ils ont mis plus de temps que prévu...
Mon père est sorti de son Berliet il était bleu de froid. Le premier gars des ponts et chaussées le voyant lui dit "Ben mon gars, t'as pas l'air en forme". Il l'a fait monter dans sa Jeep et l'a amené au bistrot le plus proche. Là le barman le voit et lui dit "toi je sais ce qu'il te faut" et sans rien lui demander lui a posé la bouteille de calva sur le comptoir.

Puis, après avoir sorti son camion de sa fâcheuse posture il est rentré à Genève juste à temps pour se laver, se changer et aller fêter Noël avec sa femme (Sa 2ème, ma belle mère donc...) et sa belle famille. Arrivé chez eux épuisé, il s'est endormi sur le canapé et n'a rien vu de la fête, sa femme l'ayant réveillé à 4 heure du matin pour rentrer à la maison.

Quand je vivais en Italie je m'étais déjà essayé au transport de camion... Avec comme résultat, le pire travail que j'ai jamais fait et beaucoup de casse à la clé...

Donc, un jour de 1990, je charge deux Renault neufs à l'usine R.V.I de Bourg-en-Bresse pour l'Italie.

Quand je faisais ce boulot, j'étais toujours trop haut, trop long, trop lourd, etc, etc. Pour une fois, deux Renault, c'était (en théorie) une plaisanterie... Je mets le Renault en benne sur mon camion et l'autre, un tracteur, sur la remorque. Seulement, je n'avais pas fait gaffe que le spoiler du tracteur arrivait à 4m30.

Je pars de Bourg en Bresse direction le Fréjus. Pas de problèmes presque jusqu'au tunnel. Là, je passe sous un pont de chemin de fer et j'entend un "ting" assez bizarre.
Arrivé à l'autoport du Fréjus, je fais le tour du camion et je vois une imperceptible trace sur le haut du spoiler... Preuve que j'avais touché très légèrement !!!

Par chance, un collègue bien plus expérimenté que moi me dit "Tu es trop haut, tu passeras pas le tunnel, il faut que tu mette le camion tout en arrière de la remorque, sur les rampes derrière les essieux..."

Je fais ce qu'il me dit, et il m'accroche une sangle entre le "cul" du tracteur et la remorque en me disant "C'est OK, une sangle suffit, ça ne bougera pas, mais il te faut rouler doucement"

Je le remercie et je pars. Je passe le tunnel et dans la descente sur l'Italie, je roule à 80. En ce temps là, j'étais toujours minimum à 120 Km/h, et donc, pour moi, 80 c'était doucement.

D'un coup, ma remorque commence à zigzaguer d'un côté et de l'autre. L'essieu avant n'ayant pas de poid dessus, la remorque essayait de me "doubler" et j'entendais les pneus avant hurler...

J'essaye de freiner, pas moyen, la remorque se mettait de plus en plus en travers jusqu'à être carrément à l'équerre sur la route par rapport à mon camion.

J'essaye d'accélérer, de ralentir doucement, de freiner à peine... Impossible et là, je me dis "Faut arrêter ce bordel à tous prix"... Je freine alors énergiquement, Le cul de ma remorque tape dans la glissière de sécurité, le Renault tombe de ma remorque mais seulement l'essieu avant. La sangle tient bon et le cul du Renault reste sur ma remorque.

Dans le rétro, je vois ma remorque qui tape dans la glissière et repart au millieu de la route pour ensuite recommencer plusieurs fois.. Chaque fois que la remorque touche les glissière, je vois des morceaux du Renault qui éclate et tombent par dessus la glissière.

Quand j'arrive à arrêter mon tas de ferraille mon collègue arrive et me dis... "Doucement, en descente, c'est 30 - 40 à l'heure... Par contre, j'avoue que je t'ai mis le camion beaucoup trop en arrière. Pour moi, c'est normal, mais pour toi, sans expérience, c'était trop dangereux".

Le Renault n'avait plus forme... Il était explosé, tout était cassé, tordu, pété !!!

A ce moment les Carabinieri arrive et appelle les pompiers pour me remettre le camion sur ma remorque. Ils me disent, "Tu as vu où nous sommes ?" je ne comprenais pas la question...

Ils me disent de les suivre et me montrent par dessus la glissière... J'étais sur un viaduc de 70 mètre de haut. En bas, je voyait dans les arbres, des pièces du Renault et des bout de glissière... Et 100 mètre plus loin, le viaduc était en réfection, il n'y avait même plus de glissière !!!

Moi, trop occupé à vouloir sauver mon ensemble, je n'avais même pas vu le viaduc et si ma remorque était passée par dessus le parapet, je n'aurais pas eu le temps de sauter en bas de mon camion...

Ce jour là, je crois que pour une fois, j'ai eu de la chance dans ma vie à la con...!!!

Toujours pour la même boîte en Italie, je pars un jour charger des tracteurs agricoles FIAT pour l'ouest de la France.

Ce boulot était vraiment pénible et difficile, sauf avec des tracteurs... Les tracteurs montent sur la remorque sans rampes, ils se câlent et s'attachent facilement et ils se déchargent dans des bleds supers sympas en pleine campagne où on ne connait pas encore les voies expresses et les autoroutes.

Bref, ce jours, je pars avec 4 tracteurs de 7 tonnes pièces. De belles bêtes de 140cv.

J'arrive dans un petit village paumé près de la Roche sur Yon pour mon premier client. Le village était entièrement en travaux et les fils électriques et de téléphone étaient fixé sur des poteaux provisoires et "pendaient" de l'un à l'autre de ces poteaux en passant par dessus les rues du village.

J'arrive devant mon client, un concessionnaire FIAT AGRI, et je m'arrête devant la vitrine de l'autre côté de la rue qui était fortement en pente. Je devais décharger les deux tracteurs de derrière pour décharger ensuite les deux de devant car c'est ceux là que je devais livrer.

Je mets donc mon camion bien en ligne avec la remorque pour pouvoir mettre les rampe qui relie le camion et la remorque et je ne mets pas celle de l'arrière de la remorque, les tracteurs étant assez gros pour s'en passer.

Imaginez bien la scène... La route très en pente, plus la pente que représente le plan de chargement de mon camion... Vous voyez le pourcentage de déclivité...!!!

Donc, je sors deux tracteurs que je mets de côté, et je saute dans le troisième après l'avoir dlétaché et enlevé les câles. Je vais pour démarer, le tracteur n'avance pas. Je contrôle, frein à main enlevé, plus de câle, je comprends pas... D'un coup, je me rends compte que le systhème pour accrocher les remorques, les charrues et autres engins agricoles du tracteur est coincé dans le même systhème du tracteur de devant vu qu'ils étaient chargé "cul à cul".
Je constate que c'est en baissant les rampes hydrauliques de chargement de mon camion lors de la prise en charge des tracteurs que j'ai coincé les deux systhèmes des tracteurs l'un dans l'autre.

Du coup, sans penser à rien, je saute en bas du tracteur, en oubliant de remettre le frein à main, je vais pour manoeuvré les rampes du camion.
A ce moment, les deux systhèmes d'attelage des tracteurs se décoincent et le tracteur de derrière pars en roue libre vers l'arrière de mon camion, franchit les rampes qui relient le camion et la remorque et s'engage sur la remorque. Le tracteur ayant légèrement dévié de sa trajectoire, sort de la remorque non pas par derrière où la remorque est basse, mais sur le côté de la remorque.

Voyant ça, moi horrifié, j'ai pensé que le tracteur allait se coucher sur la Mercedes du patron de la concession et finire dans la vitrine du concessionnaire.
En fait, le tracteur est sorti de la remorque et a rebondi sur ses roues comme une balle de ping-pong, une fois à droite, une fois à gauche et ainsi de suite jusqu'à se stabilisé et continuer sa course folle.

Voyant que le tracteur ne s'était pas couché, je saute sur le camion, je cours tout le long de mon ensemble, je saute en bas de la remorque, et je pars à la course derrière lui, je le rattrape, et je saute dedans la cabine, je freine et j'arrête la bête à moins d'un mêtre du mur d'une maison ! OUF, il était moins une, sinon c'était la catastrophe... La maison n'aurait pas résisté au choc. !!!

Je ramène le tracteur dans sa nouvelle demeure ainsi que son frère, je recharge les deux autres et je vais faire signer la CMR.
Là, une des secrétaires me dit "Ben dites donc, vous êtes sacrément agile vous..." Merde, elle a tout vu, je passe bien pour un con !

Elle me signe mon papier et je pars, mais avant de franchir la porte, entre un mec en salopette qui me dit, "C'est vous le chauffeur du camion ?"
Je lui dit que oui, et il me dit: "Vous avez arraché tous les fils électriques et de téléphone de la rue avec l'échappement d'un de vos tracteur...!"

Bordel, ce jour là, j'ai vraiment fait sale gueule devant tous ces gens...!!!

Encore en Italie... Je bossais pour une boîte qui entretenait hyper mal le matériel... Je roulais avec un IVECO 190-38 et j'avais un problème au niveau du frein à main. Lorsque je m'arrêtais, si je tirais le frein à main, quand je voulais redémarrer et que je relâchais la manette, les frein restaient bloqué...

J'ai d'ailleurs un jour, pris la route freins bloqués, en pensant qu'ils allaient Lâcher leur emprise au bout d'un moment, mais l'histoire s'est terminée pour moi et mon amie de l'époque, sur la bande de dégagement de l'autoroute avec les valises et nos couchages en attente d'un éventuel incendie de mon camion dont les moyeux arrière étaient rouge d'échauffement...!
Le camion n'ayant malheureusement pas crâmé, nous sommes reparti dix minutes plus tard !

Un jour, un collègue et moi même sommes descendus au port de Livorno (Livourne) en Toscane pour charger des balles de papier.
Nous avions des remorques sans bâches et sans arceaux. Des remorque ouvertes juste avec les ridelles.
Nous chargions les balles de papier sur deux étages, soit un classique chargement de 25 tonnes pour 4 mètres de haut. Un gros élévateur serrait les balles dans une grosse pince dont il était équipé pour les charger sur notre remorque.

Donc, j'arrive là, et j'arrète mon camion. Ne voulant pas rééditer l'expérience du bord de l'autoroute, je ne met pas le frein à main, mais je met la "rampante" (Vitesse super courte pour démarrer avec de gros poids dans de fortes pentes qui permet au camion d'avoir beaucoup de force. Tous les camion n'en sont pas équipés) pour que mon camion ne se tire pas tout seul.

J'avais presque fini de charger, j'étais en compagnie de mon collègue, nous étions tout en haut du chargement, quand, le machiniste me chargeat l'avant dernière balle. Pour ce faire, il poussat un grand coup avec sa machine pour tasser les balles.

A ce moment, le coup porté sur l'arrière de ma remorque, fit avancer mon camion de 10 cm et, vu que je n'avais pas le frein à main et une vitesse enclanchée, mon camion se mit en marche et commença à rouler tout seul...

Mon collègue resta figé de stupeur. Moi je parti d'un coup à la course. J'ai courru tout le long de la remorque sautant de balle en balle et, arrivé à l'avant de la semi, j'ai sauté parterre du côté gauche du tracteur.
En arrivant au sol, j'ai perdu l'équilibre. Me voyant tomber, je me suis jeté en avant et j'ai fait un "roulé-boulé" avant de ressauter sur mes jambes, ouvrir la porte du camion et sauter dans la cabine pour arrêter mon "piège"...!

Ma copine était dans la cabine, elle était tétanisée ne sachant pas quoi faire pour arrêter le camion...

Mon pote raconta partout suite à ça, qu'il n'avait jamais vu un mec aussi agile que moi. Heureusement, sinon, ce jour là, j'ose pas penser comment aurait fini l'histoire, surtout avec mon amie à l'intérieur...!!!

Cette histoire que je vais vous narrer est un peu différente des autres, car si elle met en lumière un routier, c'est un représentant de l'ordre qui me l'a racontée...

Mon grand-père paternel est né dans un petit village qui s'appelle Saint Vincent dans la vallée d'Aoste, célèbre pour son casino.
Les routiers qui faisaient l'Italie en passant par la Suisse avant les années 1970 l'ont forcément traversé puisqu'il se trouve sur la route qui va du St Bernard à la plaine du Pô.

Dans ce village habitait un cousin de mon père (Donc mon grand cousin) qui s'appelait Pierro et était de la police municipale. Il habitait un appartement au premier étage d'une maison jouxtant la place centrale du village où se trouvait un relais routier.

Une nuit dans les années 1950, en plein hiver et bien tard, arriva un routier Romain avec un Lancia Esatau à museau qui fit halte dans le relais pour se restaurer. Il laissa son camion sur la place moteur allumé.... C'était un vice qu'avait les Italiens en ce temps là que de ne jamais éteindre leurs moulins.

Au bout d'un bon moment, mon cousin ne supportant plus le bruit du camion sous sa fenêtre se réveilla. Il sauta en chemise de nuit dans ses bottes de police et mit sa casquette sur la tête. Il descendit les escaliers pour aller engueuler le routier.

Comme il arriva en bas de chez lui, le routier sorti au même moment du relais et se dirigea vers son camion.
Mon cousin lui demanda si c'était son camion. Le chauffeur lui dit que oui et Pierro commença à l'engueuler et à lui demander ses papiers.
Le routier lui répondit "Ne m'emmerde pas" et sauta dans son Lancia.
Pierro lui ordonna de lui donner ses papiers.
A ce moment, le Romain lui dit "Vafanculo" et démarra.
Pierro se mit devant le camion les bras grand ouvert pour lui barrer le passage en hurlant "Stop, arrêtes toi"
Le routier lui fonça dessus et, juste à la dernière seconde, Pierro, pour ne pas se faire renverser n'eu que le temps de sauter sur le pare-choc en s'agrippant à la calandre.

Le routier le "tira" comme ça jusqu'à la sortie du village puis s'arrêta.
Il lui dit "T'es content maintenant ? Eh bien tu peux rentrer à pied..." Et il s'en alla.

Pierro rentra à pied en chemise de nuit, dans le froid, sous la neige jusque chez lui, mais il avait quand même pris le numéro du camion.
Le Romain, une fois rentré chez lui fit quand même 15 jours de "trou"... Mais Pierro n'a jamais oublié cette histoire de sa vie !!!

Je n'ose même pas imaginer de nos jours ce qu'il adviendrait d'un chauffeur qui ferait ça...

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